terça-feira, 29 de setembro de 2009

TER ORGASMO OU GOZAR, EIS A QUESTÃO


ORGASMER OU JOUIR, TELLE EST LA QUESTION


Probablement parce que beaucoup de femmes n’arrivent pas à jouir pleinement, certains sexologues disent que l’orgasme est «facultatif». Discours rassurant. Mais est-ce si vrai? Jean-Claude Piquard consacre un livre intitulé Les deux extases sexuelles. La jouissance et l'orgasme enfin expliqués!

Dans La Sexualité des gens heureux, le sexologue Pascal de Sutter souligne que l’abstinence augmente les risques de dépression. Pour être heureux, il faut faire l’amour. «Il existe une explication neurochimique liée à la production d'endorphines: ces substances contribuent à procurer une sensation de bien-être et possèdent un effet tranquillisant comparable à un médicament comme le Valium.» Mais, peut-être pour se démarquer d’un discours trop culpabilisant (tout le monde n’a pas forcément la possibilité de jouir), Pascal de Sutter ajoute: «Le bonheur sexuel n'est pas synonyme de performance.» Ouf, on respire. Il est donc possible d’être heureux sans pour autant cocher «orgasme» dans la liste des obligations?

«47% des femmes qui se disent heureuses ou très heureuses n'arrivent pas si souvent à l'orgasme. Et pourtant, cela ne les empêche pas de se sentir bien. L'orgasme n'est donc certainement pas indispensable au bonheur? [...] Il existe cependant une sorte de cercle vertueux entre les deux phénomènes: une femme heureuse et épanouie sexuellement qui ne jouit pas et ne se pose pas trop de questions finira probablement par y arriver un jour ou l'autre. Et même si elle n'y arrive jamais, au fond ce n'est pas grave. Rien n'est obligatoire.»



Curieusement, un autre livre sort ce mois-ci, avec un point de vue légèrement différent: dans Les deux extases sexuelles, Jean-Claude Piquard, ergothérapeute, explique la différence entre l’orgasme et la jouissance, avec une précision lumineuse. Beaucoup de femmes affirment qu’elles n’éprouvent pas d’orgasme, sans savoir de quoi elles parlent précisément. Si elles savaient, peut-être y arriveraient-elles plus facilement? Le grand problème, à l’heure actuelle, c’est que le discours sur la sexualité manque cruellement de précision. «Encore un livre sur la sexualité! La sexualité est partout, sur les affiches, dans les magazines et à la télé! On en parle trop!». Voilà le discours dominant, véhiculé principalement par des journalistes masos: s’auto-flagellant à tort, ils affirment que les médias imposent une «dictature du sexe». Ce qui est faux, bien évidemment. Ils se contentent de répondre à la demande. Ils n'imposent rien. Ils ne font que satisfaire (pas très bien d'ailleurs) les attentes d'un lectorat ou d'un audimat.


Les gens s'intéressent au sexe. Or, le problème avec le discours actuel sur le sexe, ce n’est pas qu’il est autoritaire. C’est juste qu’il est mauvais: "On a l’impression qu’on en parle trop peut-être parce qu’on en parle mal, avec gêne ou obscénité, sans trouver les mots justes, explique Jean-Claude Piquard. A la sortie d’un long tunnel de deux siècles de répression s’articulant autour de l’interdit de la masturbation, notre culture sexuelle est encore marquée. Dans notre conception collective, le coït est représenté exagérément par rapport aux caresses intimes, à la masturbation réciproque. Plus étonnant encore, l’orgasme semble être l’unique objectif d’une relation sexuelle. Résultat: la moitié des femmes occidentales ne connaissent pas l’orgasme!».

Tel est le bilan: on parle mal de sexualité, donc on le fait mal. On ne connaît même pas le sens du mot orgasme. Pas étonnant qu’on ne sache comment s’en procurer un. La définition de ce mot est floue, subjective, totalement éculée: «point culminant du désir sexuel». Etant donné que chaque personne atteint forcément un point culminant dans son plaisir, plus ou moins intense, cette définition pourrait laisser croire que tout le monde a un orgasme en faisant l’amour. Faux.

«Pour l’homme, l’orgasme est essentiellement lié à l’éjaculation, c’est un moment court, avec des contractions rythmées au niveau du bassin mais aussi des spasmes sur l’ensemble du corps, parfois jusqu’au visage, accompagné d’une explosion du plaisir, le tout induisant une résolution de la tension sexuelle. L’équivalent pour la femme est essentiellement l’orgasme clitoridien, déclenché par le stimulation du clitoris. L’orgasme féminin dure de 5 à 15 secondes. Le vagin se contracte involontairement et fortement, de 4 à 5 contractions à 0,8 secondes d’intervalles. L’ensemble du corps est soumis à des spasmes cloniques."



Mais alors, comment parler et nommer l’immense plaisir vaginal, plaisir qui monte progressivement, qui ondule parfois, dure longtemps, qui ne génère pas de contractions vaginales réflexes ni de spasmes sur l’ensemble du corps? Jean-Claude Piquard propose de le nommer jouissance. "L’orgasme explose, résout la tension sexuelle dans un acmé de plaisir. Il est déclenché essentiellement par une stimulation du gland ou du clitoris (qui ont la même origine embryonnaire). La jouissance, elle, est essentiellement vaginale, varie progressivement en intensité, avec souvent une forte implication émotionnelle. Il y a des pics de jouissances, avec un plaisir immense mais sans contractions réflexes sur le corps. Une femme qui ne connaît que la jouissance peut se sentir mal à l’aise à la fin du rapport sexuel. Elle ne comprend pas pourquoi, après tant de plaisir, elle demeure insatisfaite. En fait, il lui manque la résolution de la tension sexuelle que procure l’orgasme clitoridien. Certaines en arrivent même à ne plus faire l’amour, alors qu’elles y trouvent du plaisir, pour éviter cette inexplicable sensation de rester sur sa faim, d’autant plus si l’homme s’endort, repu." Pour Jean-Claude Piquard, l'orgasme est donc nécessaire. Rien de dictatorial dans ce discours. Il s'agit juste de remettre les pendules à l'heure: si l'on admet que la majorité des femmes a des orgasmes par stimulation du clitoris, et non pas par pénétration vaginale, rien n'est plus facile que d'avoir des orgasmes. Il suffit de s'intéresser un peu plus au clitoris. Soit en se masturbant pendant la pénétration, soit en se masturbant avant et après, soit en se masturbant côte à côte ou réciproquement.

La plupart des femmes ont été éduquées à tout attendre de leur partenaire, dans une attitude passive. C'est à l'homme de les faire jouir, pensent-elles. Il ne leur viendrait jamais à l'idée qu'en amour, c'est à chacun de prendre son plaisir en main. Le discours le plus culpabilisant n'est donc finalement pas celui qu'on croit. Les hommes se sentiraient certainement beaucoup mieux dans leur peau, s'ils traitaient les femmes sur un pied d'égalité: "Prends-toi en charge, arrête de me reprocher que je ne te procure pas d'orgasme. Caresse-toi. Masturbe-toi, entraîne ton clitoris. Le phallus n'est qu'un instrument pour se mettre en condition, pour se sentir plus proche l'un de l'autre. Sers-toi de mon pénis pour jouir. Mais sers-toi de tes doigts pour te faire orgasmer". Quant aux femmes, elles devraient plus souvent exiger de l'homme qu'il s'occupe de ce clitoris au lieu de les ramoner bêtement. Le va et vient leur donne parfois l'impression qu'elles sont juste des poupées gonflables.






Agnès Giard (*)

Les deux extases sexuelles, Jean-Claude Piquard, éd. Les Presses Libres, 14 euros. 

La Sexualité des gens heureux, Pascal de Sutter, éd. Les Arènes, 19 euros.





TER ORGASMO OU GOZAR, EIS A QUESTÃO










Provavelmente, porque muitas mulheres não cheguem a gozar plenamente, alguns sexólogos dizem que o orgasmo é “facultativo”. Discurso animador. Mas, verdadeiro? Jean-Claude Piquard ratifica-o num livro intitulado Os dois êxtases sexuais. O gozo e o orgasmo enfim explicados!


Em A Sexualidade das pessoas felizes, o sexólogo Pascal de Sutter sublinha que a abstinência aumenta os riscos de depressão. Para ser feliz, é preciso fazer amor. “Não existe uma explicação neuroquímica ligada à produção de endorfinas: essas substâncias contribuem para proporcionar uma sensação de bem-estar e têm um efeito tranquilizante comparável a um medicamento como o Valium”. Mas, talvez por se tratar de um discurso culpabilizador (nem todo mundo tem necessarimente a possibilidade de gozar), Pascal Sutter acrescenta: “ A felicidade sexual não é sinônimo de performance”. Ufa! pode-se respirar: então, é possível ser feliz sem, por isso, acrescentar o “orgasmo” na lista das coisas obrigatórias?















“47% das mulheres que se dizem felizes ou muito felizes não chegam tão frequentemente ao orgasmo. No entanto, isso não as impede de se sentir bem. O orgasmo não é, portanto, tão indispensável assim à felicidade? “[...] Existe, entretanto, uma espécie de círculo virtuoso entre os dois fenômenos: uma mulher feliz e plena sexualmente que não goza e não se questiona muito acabará provavelment por conseguir um gozo ou outro. E mesmo que ela não consiga jamais, no fundo isso não é grave. Ninguém é obrigado a gozar.”







Curiosamente, outro livro sai este mês aqui na França, com um ponto de vista ligeiramente diferente: em Os dois êxtases sexuais, Jean-Claude Piquard, ergoterapeuta, explica a diferença entre o orgasmo e o gozo, com uma lúcida precisão. Muitas mulheres afirmam que não atingem o orgasmo, sem saber de que estão falando exatamente. Se elas soubessem, talvez chegassem a ele mais facilmente? O grande problema, atualmente, é que ao discurso sobre a sexualidade falta absoluta precisão. “Mais um livro sobre sexualidade! A sexualidade está em todo lugar, nos anúncios, nas revistas e na televisão. Fala-se demais de sexo!” Eis o discurso dominante, veiculado principalmente por jornalistas masoquistas: punindo-se sem razão, eles afirmam que as mídias impõem uma “ditadura do sexo”. O que é falso, evidentemente. Eles se contentam em responder à damanda. Eles não se obrigam a nada. Eles não fazem mais do que satisfazer (não muito bem, aliás) às expectativas de seus leitores ou do ibope.


As pessoas se interessam por sexo. Contudo, o problema com o discurso atual sobre sexo é que ele não é mais do que autoritário. Quase equivocado: “Tem-se a impressão de que se fala muito talvez porque se fala mal, com vergonha ou com obscenidade, sem encontrar as palavras exatas, explica Jean-Claude Piquard. Na saída de um longo túnel de dois séculos de repressão se articulando em torno da proibição da masturbação, nossa cultura sexual é ainda marcada. Em nossa concepção coletiva, o coito é representado exageradamente no que se refere às carícias íntimas, à mastubação recíproca. Mais espantoso ainda, o orgasmo parece ser o único objetivo de uma relação sexual. Resultado: metade das mulheres ocidentais não sabe o que é um orgasmo”.







Este o resultado: fala-se mal da sexualidade, faz-se um mau sexo. Nem mesmo se conhece o significado da palavra orgasmo. Menos espantoso que não se saiba como proporcionar um. A definição dessa palavra é imprecisa, subjetiva, totalmente gasta: “ponto culminante do desejo sexual”. Se nos dermos conta de que cada um espera forçosamente um ponto culminante em seu prazer, mais ou menos intenso, essa definição poderia fazer crer que todo mundo tem um orgasmo quando faz amor. Falso.

“Para o homem, o orgasmo está essencialmente ligado à ejaculação, é um momento curto, com contrações ritmadas no nível da bacia, mas também com espasmos em todo o corpo, às vezes até no rosto, acompanhado de uma explosão de prazer, o todo induzindo uma redução da tensão sexual. O equivalente para a mulher é essencialmente o orgasmo clitoridiano, provocado pela estimulação do clitóris. O orgasmo feminino dura de 5 a 15 segundos. A vagina se contrai involuntária e fortemente, de 4 a 5 contrações em 0,8 segundos de intervalos. Todo o corpo é sacudido por espasmos clônicos”.










Mas, então, como falar do imenso prazer vaginal, prazer que aumenta progressivamente, que ondula por vezes e dura muito tempo, que não gera contrações vaginais automáticas nem espasmos em todo o corpo? E como nomeá-lo? Jean-Claude Piquard propõe chamá-lo de gozo. “O orgasmo explode, resolve a tensão sexual em um apogeu de prazer. Ele é acionado essencialmente por uma estimulação da glande ou do clitóris (que têm a mesma origem embrionária). O gozo, por sua vez, é essencialmente vaginal, varia progressivamente de intensidade, com uma enorme implicação emocional, muitas vezes. Há picos de gozo, com um prazer imenso, mas sem contrações automáticas do corpo. Uma mulher que só conhece o gozo pode se sentir facilmente mal ao fim da relação sexual. Ela não compreende por que, apesar de tanto prazer, continua insatisfeira. De fato, falta-lhe a resolução da tensão sexual que proporciona o orgasmo clitoridiano. Algumas chegam mesmo a não mais fazer amor, porquanto não encontram nele o prazer, para evitar essa inexplicável sensação de ficar ainda com fome, enquanto o homem adormece, saciado.”

Para Jean-Claude Piquard, o orgasmo é então necessário. Nada de ditatorial nesse discurso. Trata-se apenas de por as coisas nos eixos: se se admite que a maioria das mulheres tem orgasmos pela estimulação do clitóris, e não pela penetração vaginal, nada é mais fácil que conseguir orgasmos. Basta se interessar um pouco mais pelo clitóris. Seja se masturbando durante a penetração, seja se masturbando antes e após, seja se masturbando lado a lado ou reciprocamente.










A maior parte das mulheres foi educada a esperar tudo de seu parceiro, numa atitude passiva. É obrigação do homem fazê-las gozar, pensam elas. Não lhes viria jamais a idéia de que, no amor, cabe a cada um buscar o seu próprio prazer. O discurso mais culpabilizador não é, então, finalmente, aquele em que se crê. Os homens se sentiriam muito melhor em sua pele, se tratassem as mulheres em pé de igualdade: “Te vira, para de me culpar porque não te proporciono orgasmo. Acaricia-te. Masturba-te, provoca teu clitóris. O falo não é mais que um instumento para se agasalhar, para nos sentirmos mais próximos um do outro. Serve-te de meu pênis para gozar. Mas serve-te de teus dedos para teres um orgasmo.” Quanto às mulheres, elas deviam mais vezes exigir que o homem se ocupe de seu clitóris no lugar de as foder simplesmente. O vai e vem dá muitas vezes a impressão de que eles são apenas bonecos infláveis.








(*) Nota: Journaliste spécialisée dans les contre-cultures, le Japon et l’art déviant, correspondante pendant neuf ans de la revue japonaise S & M Sniper, je suis l’auteur du livre d’art Fetish Mode (éd. Wailea, Tokyo, 2003), (éd. Cherche-Midi, Paris 2004), L'Imaginaire érotique au Japon (éd. Albin Michel, Paris 2006), le Dictionnaire de l'Amour et du Plaisir au Japon (éd. Glénat, 2008), et Les Objets du désir au Japon (éd. Glénat, 2009).




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